août 27, 2004

Interrègne

Quand j’ai rencontré Enna pour la première fois, elle faisait du patin à glace sur un lac tout juste gelé du nord de la France.

A cette époque, bien entendu, je ne savais pas ce qu’était la France ou un lac et le patinage ne signifiait strictement rien pour moi.A vrai dire, je n’avais également que très peu d’informations sur Enna et sa nature exacte.

Imaginez: un improbable assemblage organique, tournoyant dans tous les sens en émettant sur à peu près toutes les fréquences possibles : un spectacle en même temps étrange, amusant et agaçant. C’était aussi assez beau, d’une manière un peu… embarrassante.

Voyez-vous, la beauté est chose bien curieuse parfois, quand elle éclot soudain dans les endroits ou aux moments les plus inattendus. Ce que j’observais là était de cet ordre : manière de rituel maladroit et incohérent, mais tout empreint de la grâce des choses éphémères.