septembre 01, 2004

Bonnes feuilles, coups de gueule.

Les Autres. Sophie Cadalen – Edition Blanche
L’argument est le suivant : une femme qui refuse – évidemment – mensonges et compromissions se livre à la police : elle vient de tuer son mari, qu’elle aimait pourtant, car il exigeait qu’elle lui raconte par le menu son passé sentimental, et qu’elle renie ainsi ses anciens amants.
Bon, admettons. Mais n’est pas Catherine Millet qui veut... Reste quelques pages allègres et parfois même joliment sexy. C’est peu.

Hommes au bord de la mer. Xavier Bazot – le Serpent à plumes
Trois brèves nouvelles assez bien faites, mais où un style qui bouscule avec entrain la bienséance grammaticale ne suffit pas à densifier le propos.
Une écriture à tiroirs, qui sert de liant à un furieux kaléidoscope un peu désordonné mêlant réflexions mélancoliques et situations parfois burlesques.
Etranges et attachants, ces mecs, seuls ou en groupe. Un peu fatiguant peut-être ?

Composants. Thierry Beinstingel – Fayard
Il y a ce catalogue en papier glacé, aux images parfaites et improbables, et puis il y a le souvenir de Jim, l’ami parfait, qui un jour partit on ne sait où, emmenant avec lui les vestiges de l’enfance.
Pour l’intérimaire isolé dans son hangar, ce sont les deux chandelles qui éclairent vaille que vaille la grisaille immuable d’un quotidien désespérant.
Il s’y noie, alors, oui, il faut remonter à la surface, trouver le soleil et le rire de Jim, oui mais comment ?
Cessez de rêver.

L’arrière-saison. Philippe Besson – Julliard
Délicieux huis clos soutenu par une plume inventive, cette arrière-saison campe avec beaucoup d’intelligence un couple en mal d’amour.
Elle écrit des pièces de théâtre à succès, il est un avocat d’affaires surdoué mais excentrique. Ils se sont quitté, ils se retrouvent, quoi de plus banal ?
Ah oui, mais à Cape Code, dans le café de Phillies, sous l’œil attentif de Ben, tout peut arriver. Tout.

La main du scribe. Bertrand Leclair – Mercure de France
Bertrand Leclair est sans aucun doute un esprit brillant et un auteur résolument « à la page ».
Son héros aime notamment, mais non exclusivement Agathe, Véronique et Hannah, pratique la citation récursive et s’exprime en toutes circonstances comme un personnage de Claude Simon.
Incompréhensible, illisible même. A fuir.

Est-ce bien la nuit ? Franck Maubert – Seuil
Qui est cet homme, qui rentre dans la nuit, sur un lit d'hôpital bousculé par des brancardiers fatigués?
Un amant d'abord, émerveillé par la gracile Nabila à la fragrance de mimosa. Un ami ensuite et que l'on devine des plus fidèles, Bacon au rire énorme, Topor, Robert aussi, qui a refusé de plier. C’est un fils enfin, d’une Emilienne résignée à le perdre.
Mais lui, qui est-il et qu'aime t'il vraiment à part quelques évidences : l'art, le vin, on se sait pas vraiment et puis de toutes façons la mort est là qui rode comme un barracuda.
Voilà un beau roman, intense et grave, qui chante longtemps une bien curieuse mélodie.

août 31, 2004

Consider Phlebas

As a mercenary bound to the Idurans, a valiant war-faring race, Phlebas seemed to be a typical hero of our times. And the soft, slippery, Machiavellian Culture his employers are fiercely combating seems conventionally lacking in moral fiber.
Only gradually will he discover how mistaken he was. But this is far too late for him, and he dies uselessly, for nobody will ever remember his derisory crusade, just a skirmish in the titanic war between the Culture Minds and the immortal Idurans.
A war that spread across the galaxy, bringing doom to stars themselves.

août 30, 2004

Wonderful life

Les défenses des mastodontes
Qui s'entrechoquaient en de violents combats
Sont devenues des boules de billard.

L'épée de Charlemagne le Grand
S'est réduite à de l'oxyde ferrique
C'est-à-dire de la rouille.

Le puissant grizzly
Dont l'étreinte était tant redoutée
N'est plus qu'une descente de lit.

Le buste de César trône sur une étagère poussiéreuse
Et moi-même, je ne me sens pas très bien.

août 29, 2004

Le Sens du Vent

Il y a d'abord l'amour fou de Quilan pour Worosei, disparue dans les horreurs de la Guerre des Castes.
Il y a ensuite la commémoration de l'agonie de deux étoiles jumelles et des trilliards d'âmes qu'elles réchauffaient.
Il y a surtout la splendeur de l'Orbitale Masaq, joyau de la Culture, sur laquelle plane la souffrance de son Mental, culpabilité d'un Dieu qui ne peut oublier.
L'amour, la mort: Eros danse avec Thanatos sous la lumière défunte des anciennes erreurs.
Ah certes, Banks est un maître.

Le Sens du Vent. Iain M. Banks – Robert Laffont